Monday, 28 March 2016

LE FESTIVAL DES ARTS DE JÉRUSALEM by SaHaD

Festival des Arts de Jérusalem, 2016
Le 15ème Festival des Arts de Jérusalem lancera une semaine de festivités avec des centaines d’artistes, de chanteurs et de danseurs pour une dizaine de spectacles du 29 mars au 5 avril ; Pourim dans la capitale israélienne se célèbre en fanfare, dans la joie et sous le signe de la création.
C’est en 2002 que Ofer Maliakh z’’l, chorégraphe et spécialiste des danses folkloriques israélienne, fonde ce festival produit par le ministère de la Culture et des Arts dans la ville de Jérusalem ; microcosme de l'activité culturelle qui se déroule dans l’atmosphère si particulière de la capitale, avec un accent mis spécialement sur les œuvres créées par des artistes Hiérosolymitains. Musique, théâtre, danse et arts visuels réunissent dans une célébration originale et fascinante, des artistes reconnus de la scène israélienne, au côté de jeunes talents débutants et prometteurs.

Devenu au fil des représentations d’envergures une tradition ancrée dans la vie culturelle de la ville, le Festival des Arts de vise à promouvoir, favoriser et encourager les domaines créatifs divers et présenter à un large public des performances uniques de qualité à un prix abordable pour tous. Cinquante spectacles de correspondances des arts et du multiculturalisme mêleront les différentes disciplines scéniques dans différents lieux de représentation à travers la ville : le Théâtre de Jérusalem, le YMCA, le théâtre Mezia, la salle Samuel Hirsch, le centre Gerard Behar, le théâtre Khan de Jérusalem, le Yellow Submarine, le cinéma Smadar et d'autres sites de la ville. Des films d’animation, ainsi qu’une exposition artistique seront également présentés au public.

Cette année, la nouveauté se trouve dans les activités et les spectacles gratuits proposés au jeune public des enfants : performances, ateliers et surprises dans toute la ville. En outre, des événements musicaux auront lieu tous les soirs avant et après les représentations dans le hall du Théâtre de Jérusalem.

Pour plus d’informations sur la liste, horaires et lieux des spectacles, le site Internet du Festival : http://www.arts-festival.jerusalem.muni.il/

SaHaD
(Articles publié dans le blog Times of Israel)

Monday, 21 March 2016

« L’ESCARPIN », LA NOUVELLE EXPOSITION DE RUTHY DVIR ENTRE PEINTURE, DESIGN ET OPÉRA by SaHaD

Invitation à l'exposition "L'Escarpin" de Ruthy Dvir à l'Opéra de Tel Aviv

Pour sa nouvelle exposition solo, « L’Escarpin », l’artiste Ruthy Dvir s’installe  à l’Opéra de Tel Aviv, à partir du 10 mars, et accompagne les représentations de l’opéra de Rossini, « La Cenerentola », justement inspiré du conte de « Cendrillon » de Charles Perrault.
C’est le monde de l'imagination, le rêve et la fantaisie qui ont inspiré Ruthy dans la création et la composition de cette exposition. La peinture entre dans un dialogue avec la musique et le théâtre des airs d’opéra, et sa série d’œuvres exposées sur les robes reflète le monde de l'art dramatique, desservant les émotions du drame, invitant le public à regarder la vie et l'expérience pleinement. Dans cette correspondance des arts entre peintre, musique, théâtre, les robes de Ruthy Dvir se combinent et se fondent dans les costumes d’opéra, comme une part entière du spectacle scénique.
Design, peinture, dessin et écriture, voilà quinze ans que l’artiste Ruthy Dvir, née en Belgique et vivant en Israël depuis de nombreuses années, raconte des histoires sur les robes. Dans un échange d’esthétique, elle créé entre le monde de l’art, du design et de la mode un dialogue d’histoires, de sensualité, voire d’ambiguïté avec le public. Ses œuvres sont exposées en Israël, Londres, Miami et Venise.
Exposition itinérante, elle se veut partir à la découverte de tout public aussi bien dans les galeries, que dans les maisons de conception, les défilés de mode et les théâtres du monde entier.
En parallèle, Ruthy travaille également sur son premier livre, « Les robes se racontent », un recueil d’œuvres, de poésie et de prose.

Exposition solo « L’Escarpin » de Ruthy Dvir
Du 9.3.2016 au 5.4.2016
Opéra de Tel Aviv
19 boulevard Shaül haMelekh
Tel Aviv

Pour tout renseignement : 054-4366376

SaHaD
(Article publié dans le Futé Magazine n°226)

« BRUIT BLANC » PAR DANIELLE FELDHACKER by saHaD

by Danielle Feldhacker
Jusqu’au 26 mars, Danielle Feldhacker expose à la Maison des Artistes de Tel Aviv une installation spécifique spécialement conçue pour cet espace, dont la structure cherche à concevoir comment la peinture agit sur l'espace et le temps. Les jeux visuels de l'installation, crées dans l'espace, déterminent ce qui sera d'abord vu et ce qui est vu plus tard, ce qui crée un trouble visuel forçant le spectateur à faire face à des questions au sujet des perturbations de temps dans l'espace. Axée sur l’environnement urbain, l'artiste a exprimé son interprétation et l'attitude envers l'art de la rue, en l'amenant dans une sphère privée. « Bruit Blanc » fait référence au bruit constant caractérisant le centre-ville, bruyant mais calme – bruit de fond qui accompagne notre vie.
L'exposition très aérée et aérienne est concentrée autour de feuilles peintes sur PVC transparent, planant dans l'espace ; matériau qui semble éphémère, tout en possédant les qualités de l'impénétrabilité et de l'opacité. Le spectateur peut ainsi aller et venir, comme s’il se promenait à travers les couches de peinture pour faire partie de la composition. L'expérience de se déplacer dans l'espace incarne aussi la tentative de lier entre les œuvres et d’examiner le rapport images et espace. La surface transparente révèle ainsi la face arrière, permettant d’appréhender le processus de création. Contrairement à la peinture traditionnelle, le chemin créé dans ce travail est ce qui sera vu en premier. Ce renversement soulève la question de ce qui se trouve à la surface et ce qui se donne à voir à l'arrière de l'œuvre d'art, et l’on en vient alors à se demander ce qui a été peint d'abord et ce qui est venu plus tard. Les taches de peinture, telles d’abstraites rythmiques, sont composées principalement des trois couleurs primaires, se réunissent à côté de formes géométriques délimitant l'œuvre et fixant ses contours. Ces formes dures et tranchantes véhiculent des sensations de vol stationnaires, chargées d'émotion, cherchant à formuler ce qui échappe à toute définition.
La dispersion de l'installation dans tout l'espace se transforme en un labyrinthe transparent, apparemment ouvert et accessible, mais à chaque étape le chemin semble susceptible d'être bloqué. C’est une sensation d’étrangeté qui s’empare alors du spectateur, comme si la transparence aérienne peut devenir opaque en un instant. La connexion sonore entre les sections créées un équilibre entre transparence et objets peints, dans une sorte de dialogue entre un côté intérieur vulnérable, doux et exposé, et un extérieur, défensif et dur, sorte de parallèle entre les individus et leur environnement.


SaHaD
(Article publié dans le blog Times of Israel) 

Sunday, 13 March 2016

PRAGUE, CAPITALE DE LA BOHÊME by SaHaD

Prague
Prague, son château, sa magie, son passé légendaire, son harmonie des villes européennes du Moyen-Age – Prague, la ville aux mille tours et mille clochers ; aujourd’hui encore, en se baladant dans la Vieille Ville, on se retrouve plongé de tous nos sens dans l’univers de Franz Kafka, écrivain juif du XIXème siècle, du peintre Alfons Mucha (1860-1939) ou encore du poète de langue allemande, né à Prague Rainer Maria Rilke (1875-1926), et de tous nos rêves dans les histoires extraordinaires de la ‘Hassidout, du Maharal de Prague et du Golem. Jamais capitale européenne n’aura été plus liée à l’histoire des communautés juives qui l’ont traversée et bâtie. Capitale de la République tchèque depuis la chute de l’empire soviétique, elle reste dans la mémoire du monde comme étant celle de la région historique de la Bohême, et de l’Europe centrale. La première trace écrite mentionnant Prague date de 965 – elle est le fait d'un marchand juif d'Andalousie, Ibrahim ibn Ya'qub : « Les Russes et les Slaves y viennent de leurs villes royales avec leurs biens. Et les musulmans, les Juifs et les Turcs y arrivent aussi depuis le pays des Turcs avec des marchandises et des monnaies ». Sur la rive de la Vltava, la Vieille Ville se développe autour de son noyau historique de Týn et est peuplée de Tchèques et d'une communauté juive, qui construit en 1270, la synagogue Vieille-Nouvelle.
La ville connaît son apogée avec le roi de Bohême et futur empereur germanique Charles IV, qui fait édifier le pont Charles en 1357, qui relie Staré Město, la vieille ville bourgeoise, au Malá Strana, quartier de la grande noblesse impériale qui fait bâtir de merveilleux hôtels particuliers de style baroque – entièrement reconstruit au début du XVIIème siècle à la suite de grands incendies – et au quartier du château royal et impérial, Vyšehrad, lieu du premier château de Prague au temps des Ducs de Bohême ; il a longtemps été l'ouvrage civil gothique le plus important d'Europe. En 1348, le roi fonde l'université Charles, la première université germanophone. En 1355, Charles IV fait de Prague la capitale du Saint-Empire romain germanique. Hradčany, désigne le quartier du château impérial des Habsbourg et celui des rois de Bohême, situé sur la rive gauche de la Vltava. Ce quartier est composé d'innombrables palais de grands seigneurs, de couvents, de monastères, de maisons datant de la Renaissance, de parcs et de jardins. En 1378, dernière année du règne de l’empereur, Prague compte 40.000 habitants, ce qui en fait la troisième ville la plus peuplée d'Europe. Comme la plupart des villes médiévales, Prague a été choisie pour ses collines qui offrent à la fois un point de vue stratégique sur le fleuve et les alentours, puis sont devenus des lieux d'agrément pour la noblesse, et des espaces de développements urbains au XIXème siècle. Il faut classer dans cette catégorie le très bucolique et résidentiel quartier de Troja avec son château, le parc zoologique et le parc botanique. Le quartier de Vinohrady, longtemps consacré aux vignes a été urbanisé à partir de la belle époque. Le quartier de Smíchov était en pleine campagne au XVIIIème siècle, c'est là où habite Mozart au moment où il compose l'ouverture de Don Giovanni. Un dicton tchèque affirme « tel Tchèque, tel musicien ». La musique joue un rôle de premier plan dans la vie culturelle de la capitale. Les salles de concert ou d'opéra sont nombreuses et illustrent l'antique concurrence que se faisaient les Tchèques et les Allemands pour la suprématie culturelle (et politique). Les espaces de l'ouest de la ville qui conduisent vers la Montagne Blanche (lieu de la célèbre bataille de la Montagne Blanche et l'aéroport Ruzyně (Aéroport international de Prague), avec le Monastère de Břevnov, et le parc du Pavillon de l'étoile sont des quartiers résidentiels avec de très nombreuses villas Art nouveau ou moderne. Le quartier des expositions industrielles a été développé en bordure d'un parc pour accueillir les expositions universelles du XIXème siècle. Il possède un important musée d'art moderne en style fonctionnaliste (Veletržní palác), et le musée lapidaire de Prague. Un quartier entièrement cubiste se construit à Vyšehrad. Le cubisme connaît une vogue toute particulière grâce à des architectes comme Pavel Janák, Josef Gočár ou Josef Chochol qui créent ce style typiquement tchécoslovaque : le rondo-cubisme.
En 1938, Prague compte un million d'habitants. La ville a miraculeusement échappée des destructions de la Seconde Guerre mondiale, elle offre ainsi une architecture mêlant les styles préroman, roman, gothique, baroque, rococo, Art nouveau, Art déco et cubiste. Depuis 1992, le Centre-Ville historique est inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'U.N.E.S.C.O.

La présence juive remonte dès les IXème et Xème siècles : ils seraient en partie arrivés d’Orient mais également des pays de langue allemande et d'Italie. Le quartier juif a connu ses âges sombres et ses âges d'or. Le premier pogrom connu est celui de 1096 à l'occasion de la première Croisade, dès lors les Juifs se concentrent dans un quartier muré. Le manque d’espace les oblige à vivre et à construire une ville entassée, sombre, labyrinthique et sujette aux incendies. Ils ne peuvent pas même agrandir leur cimetière (le cimetière juif de Zizkov sera crée à partir de 1680). Les morts sont enterrés les uns sur les autres, ce qui doit au vieux cimetière juif ses stèles irrégulières et son caractère unique. Longtemps clôturé du fait de l'interdiction faite aux Juifs de s'établir dans d'autres quartiers de la ville, le ghetto reçoit des droits d’auto-administration à la fin du XVIème siècle, et représente 30 % de la population de la ville tout entière – la communauté ashkénaze est alors la plus importante et la seconde communauté juive d'Europe, après celle de Thessalonique. Entre 1597 et 1609, le Maharal de Prague, Juda Loew ben Bezalel est rabbin de cette florissante communauté – dont le nom est associé à la célèbre légende du Golem, créature d'argile qui se meut si l'on lui appose le nom ineffable de Dieu. Selon les uns, il aurait été créé par le Maharal afin de protéger les Juifs contre les trop nombreux pogroms ou, selon les autres, suite aux demandes pressantes de son ami Mordecaï Meisel, fort chagrin de n'avoir pas d'enfant. Puis en 1745, les Juifs sont expulsés par leur souveraine, Marie-Thérèse, et autorisés à revenir en 1748. Les portes du ghetto (autant protectrices que ségrégationnistes) sont abattues en 1848, au moment où les Juifs de Prague perdent leurs privilèges d'autonomie. Une grande partie du quartier est démolie entre 1893 et 1913, suivant une initiative qui veut s'inspirer du modèle parisien du baron Hausmann pour remodeler et assainir la ville. Il ne resta à l'issue de ces travaux que six synagogues, le vieux cimetière et la mairie de la ville juive construite en 1568 mais dont les façades rococo et l'horloge hébraïque furent ajoutées en 1764. La plupart des Juifs de Prague commencent alors à s'installer en dehors du ghetto, dès les réformes de l'empereur Joseph. Josefov est d’ailleurs le nom donné au ghetto de Prague après sa rénovation, en l’honneur de l’empereur Joseph II, le frère de Marie-Antoinette, souverain des Lumières qui a contribué à accorder des droits civiques aux Juifs de Bohême. Prague, où se côtoient toujours et s'affrontent souvent Tchèques, Allemands et Juifs, devient un véritable « bouillon de culture ». La rivalité entre les communautés marque l'architecture de la ville. Cet autre âge d'or, s'achève de façon tragique à partir de l'entrée des Allemands en 1939. Prague perd une part importante, sinon en nombre, du moins en ce qu'elle participait indéniablement au rayonnement culturel de la ville, de sa population. Exilés, suicidés ou déportés au camp de concentration de Theresienstadt (Terezin) ou ailleurs, la communauté juive de Prague est décimée. Avec un cynisme propre aux nazis, le quartier est transformé en un musée des Juifs d'Europe, avec le rassemblement dans ses nombreuses synagogues d'objets de culte et de liturgie juives. Après la guerre, le régime communiste s'achemine peu à peu vers la création en d'un musée juif national qui gère actuellement l'ensemble des synagogues et lieux de mémoires juives de ce quartier. Aujourd'hui, on dénombre environ 6.000 Juifs en République Tchèque, dont environ 1.200 résident à Prague. Le quartier juif de Josefov se limite aujourd’hui à un triangle : de la rue Kaprova jusqu’à la place de la Vieille Ville au sud, à l’avenue de Paris à l’est (Ulica Paryzska) et à la rue du 17 novembre à l’ouest (Ulica Sedmnacteho listopadu). L’avenue de Paris est un des plus belles de Prague. Les magasins de luxe occupent les superbes immeubles Art nouveau et Art déco.

LE SAVIEZ-VOUS ?
·       Le Maharal de Prague est enterré dans le cimetière juif de Prague.
·       On trouve des échos de l’histoire du Golem dans les contes des frères Grimm, et moins directement dans le Frankenstein de Mary Shelley ou dans le Fantasia de Walt Disney.
·       Josefov, le ghetto juif conserve encore un statut séparé et autonome.
·       Josefov est souvent représenté par le drapeau des Juifs de Prague, une étoile de David jaune sur fond rouge.
·       Les persécutions à l'encontre des Juifs s'amplifient, avec notamment le pogrom de Pâques 1389, dont les dates coïncident cette année-là avec les deux derniers jours de Pessa’h. Sous la houlette de prêtres qui l'encouragent, la foule massacre plusieurs milliers de Juifs, accusés de profanation d'hosties. Le rabbin Avizdor Kara, qui enfant a été témoin lors de ce massacre de la mort de son père, écrit une élégie en souvenir du pogrom, qui est aujourd'hui encore lue chaque année le jour de Yom Kippour dans la synagogue Stare Nova de Prague.
·       En 1551, Ferdinand Ier impose aux Juifs de « porter un signe distinctif qui permettra de les distinguer des chrétiens », ainsi que de vivre dans le ghetto.
·       L'aube du XVIIIème siècle fait de Prague la plus grande ville juive de la chrétienté avec une population de 12.000 Juifs.
·       Au 1592, Le roi Rodolphe II féru de sciences occultes reçoit par la première fois un Juif au Château de Prague. C’est le Rabbin Loew, dit le Maharal de Prague. Le roi promet au rabbin et à sa communauté la protection des Hasbourg.
·       En 1648, suite à l’invasion suédoise et à la participation des Juifs à la défense de la ville, le roi Ferdinand III leur permet de construire un clocher. Seules les églises avaient alors ce droit. L’horloge du clocher de l’Hôtel de Ville de la ville juive est ainsi ornée de lettres hébraïques.


SaHaD
(Article publié dans Lo'La Magazine, Mars 2016)